Une armée silencieuse avance sous nos yeux, à la lisière des parcs urbains et des squares familiaux. Les chenilles urticantes, noires et hérissées de poils, ne se contentent plus des forêts reculées : elles colonisent rues, cours d’école et jardins partagés. Pourtant, leur apparition ne déclenche pas toujours l’intervention immédiate des services municipaux. Certaines villes réclament des preuves concrètes d’invasion avant toute action. L’accumulation de signalements peut hâter la mobilisation, mais la coordination entre services techniques et santé publique laisse parfois à désirer, rendant la gestion des alertes lente et complexe.
Pour traiter ces plaintes, un protocole strict s’impose. Les critères d’évaluation dépendent non seulement de la saison, mais aussi de la localisation et du degré de risque constaté sur le terrain. Ce sont ces paramètres qui déterminent la qualification d’une invasion et la réponse des autorités.
Chenilles noires poilues : pourquoi leur présence représente un danger pour la santé et l’environnement
Les chenilles processionnaires du pin ou du chêne, aisément identifiables à leur fourrure noire et dense, suscitent l’inquiétude des habitants comme des pouvoirs publics. Leur prolifération n’est pas anodine. Le problème ne se limite pas à une nuisance visuelle : leurs poils sont de véritables projectiles urticants, minuscules mais redoutables, capables de provoquer des réactions en cascade.
Ces soies urticantes se dispersent partout : dans l’air, sur les vêtements, sur la peau des animaux domestiques. Elles contaminent rapidement trottoirs, pelouses et aires de jeux, sans que l’on s’en aperçoive immédiatement.
Conséquences sanitaires
Les risques sanitaires qui en découlent se manifestent de plusieurs façons, tant pour les humains que pour les animaux. Voici les incidents les plus fréquemment rapportés :
- Chez l’humain : réactions allergiques parfois spectaculaires, éruptions cutanées, démangeaisons persistantes, conjonctivites, voire gêne respiratoire pour les personnes les plus sensibles.
- Chez les animaux : lésions graves des muqueuses, surtout chez les chiens, pouvant entraîner la nécrose de la langue, œdème, et nécessitant souvent une prise en charge vétérinaire en urgence.
Les enfants, eux, paient souvent le prix fort. Un simple passage sous un pin infesté peut déclencher une réaction sévère. Il suffit de peu : un après-midi au parc, une balade à vélo, et l’exposition est là.
Fragilisation de l’environnement
Les arbres hôtes, pins et chênes en tête, subissent de plein fouet cette invasion. Le feuillage, grignoté sans relâche, finit parfois par disparaître totalement. Une défoliation répétée affaiblit les arbres, qui deviennent plus vulnérables aux maladies et autres parasites. Ce déséquilibre s’étend à tout l’écosystème local : la disparition du couvert végétal prive d’abri et de ressources de nombreux insectes utiles.
Année après année, la progression des chenilles processionnaires du pin et du chêne s’intensifie sur tout le territoire, portée par des hivers plus doux et la raréfaction de leurs prédateurs. Signaler leur présence, c’est agir pour la santé publique autant que pour la vitalité des espaces verts en ville.
Quels réflexes adopter et comment signaler efficacement une invasion à la mairie ?
Pour agir vite, il faut d’abord reconnaître les chenilles processionnaires. Les indices ne trompent pas : cherchez les nids, ces amas cotonneux accrochés aux branches ou parfois serrés contre les troncs, surtout sur les pins et chênes. Repérez les zones à risque : écoles, parcs, jardins collectifs, autant d’espaces où les soies urticantes se disséminent facilement.
Pour faciliter la gestion du signalement, voici les démarches à suivre :
- Prenez rapidement une photo du nid ou de la procession, et notez l’emplacement exact (adresse, point de repère, coordonnées GPS si possible).
- Sécurisez la zone : balisez avec un ruban, affichez une mise en garde, avertissez les riverains à proximité.
- Ne touchez jamais les chenilles ni les nids à mains nues, car le risque d’allergie demeure élevé.
Ensuite, contactez le service compétent à la mairie ou utilisez la plateforme numérique de votre commune. De plus en plus de municipalités proposent un formulaire dédié au signalement des chenilles processionnaires, accessible en ligne ou à télécharger en pdf. Soyez précis : indiquez le type d’arbre concerné, le nombre de nids repérés, la proximité d’espaces fréquentés. Joignez vos photos, elles appuieront votre demande.
Dans certaines villes, le traitement des signalements s’appuie sur des partenariats avec la Fredon France ou l’Observatoire des chenilles processionnaires. Des experts sont alors dépêchés sur site pour évaluer la situation et recommander un plan local d’action. Ce dispositif s’articule autour de trois axes : limiter la prolifération, informer les habitants, organiser la lutte. C’est la vigilance collective qui, à terme, permet de contenir ces invasions et de préserver la qualité de notre environnement urbain.
Face à la progression inexorable de ces envahisseurs à poils, la réactivité et la solidarité locale font la différence. Chaque signalement compte : c’est une étape concrète, presque un réflexe citoyen, pour rendre l’espace public de nouveau respirable.


