Quand on cherche un spitz nain chez un éleveur, on tombe vite sur deux appellations utilisées de façon interchangeable : « loulou de Poméranie » et « spitz allemand ». Certaines annonces vendent un « Pomeranian pure race », d’autres un « spitz allemand nain », parfois au même prix et avec des chiots qui se ressemblent trait pour trait.
La confusion ne vient pas d’un manque de rigueur des acheteurs, elle est inscrite dans l’histoire même de la race et dans les différences de standards entre pays.
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Standard FCI : une seule race, cinq variétés de taille
Le standard officiel de la Fédération Cynologique Internationale (FCI) ne reconnaît qu’une seule race : le spitz allemand, décliné en cinq variétés classées par taille. Le spitz nain, ou loulou de Poméranie, en constitue la plus petite.
- Spitz loup (Keeshond) : de 49 à 55 cm au garrot
- Grand spitz : de 40 à 49 cm
- Spitz moyen (Mittelspitz) : de 30 à 40 cm
- Petit spitz : de 25 à 30 cm
- Spitz nain (Pomeranian) : de 18 à 24 cm au garrot
Autrement dit, le Pomeranian n’est pas une race à part au sens FCI. En revanche, le Kennel Club britannique et l’AKC américain enregistrent le Pomeranian comme race distincte du German Spitz, ce qui explique pourquoi les éleveurs anglophones parlent de deux races séparées.
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Cette divergence de classification a un impact direct quand on achète un chiot. Un éleveur français inscrit au LOF déclare un « spitz allemand nain ». Un éleveur qui importe des lignées anglaises ou américaines peut présenter le même chien comme « Pomeranian ». Le pedigree et le livre d’origine comptent plus que le nom commercial.

Morphotype nounours contre morphotype renard : ce que la sélection a changé
Sur le terrain, la vraie distinction que les propriétaires perçoivent ne tient pas au standard officiel. Elle tient au type de tête et de fourrure, fruit de décennies de sélection divergente entre lignées.
Le type Pomeranian (dit « nounours »)
Tête plus ronde, museau court et large, oreilles petites presque noyées dans la fourrure, pelage extrêmement dense avec une collerette généreuse. Ce morphotype est celui que les élevages orientés « toy » et les réseaux sociaux ont popularisé. Il correspond à une sélection poussée sur le format miniature et le caractère chien de compagnie.
Le type spitz allemand (dit « renard »)
Museau plus allongé et fin, oreilles pointues bien visibles, silhouette plus légère et athlétique. Ce type se rapproche davantage du spitz historique, sélectionné à l’origine comme chien de garde et de ferme pour sa vigilance et sa rusticité.
On peut trouver ces deux morphotypes dans une même portée, parce qu’ils relèvent de la même race. Le toilettage accentue encore la différence visuelle : un brossage en volume sur un spitz nain au poil dense lui donne un look « boule de peluche » que le même chien tondu ne présenterait pas.
Sélection du museau court chez le Pomeranian : un point de vigilance santé
La dérive vers un museau de plus en plus court dans les lignées Pomeranian pose un problème concret. Un museau trop raccourci augmente le risque de difficultés respiratoires, de problèmes dentaires (mâchoire trop étroite pour loger toutes les dents) et de sensibilité à la chaleur. Ce phénomène est documenté dans les bases de données sur l’élevage sélectif, et il fait l’objet de discussions au niveau européen sur la protection des animaux de compagnie.
Le spitz allemand au morphotype renard, avec son museau proportionné, conserve une meilleure fonction respiratoire. Les retours varient selon les lignées, mais un éleveur sérieux vérifie systématiquement la longueur du chanfrein par rapport au crâne pour rester dans les proportions du standard FCI.
Quand on visite une portée, observer la respiration du chiot au repos et après une courte phase d’excitation donne un premier indice fiable. Un chiot qui ronfle ou halète sans effort physique mérite un examen vétérinaire approfondi avant achat.

Tempérament et usage : chien de garde miniature ou pur compagnon de salon
L’opposition historique entre le spitz allemand et le Pomeranian tient aussi à leur fonction d’origine. Le spitz allemand reste un chien d’alerte avec un instinct de garde marqué. Il aboie facilement, surveille son territoire et se montre méfiant envers les inconnus, y compris dans sa version naine.
Le Pomeranian issu de lignées très typées « toy » a souvent été sélectionné pour un tempérament plus calme et sociable, orienté compagnie pure. En pratique, la différence s’observe surtout sur la réactivité aux bruits et la propension à aboyer.
Quelques repères concrets pour évaluer le tempérament d’un chiot spitz :
- Observer la réaction des parents face à un visiteur inconnu : aboiements insistants ou simple curiosité
- Vérifier auprès de l’éleveur si la lignée a été sélectionnée sur le caractère ou principalement sur le physique
- Prévoir dans tous les cas un travail d’éducation sur l’aboiement, car le spitz nain aboie naturellement plus que la moyenne des races de compagnie
Couleurs de robe et pelage : ce qui est admis au standard
Le spitz allemand nain accepte une large palette de couleurs de robe : noir, blanc, orange, crème, sable, gris-loup, chocolat, et plusieurs combinaisons comme noir et feu ou orange zibeline. Les robes merle existent aussi, mais elles font l’objet de controverses chez certains clubs en raison des risques génétiques associés à l’homozygotie merle.
Le pelage se compose d’un poil de couverture long, droit et écarté, doublé d’un sous-poil court, épais et ouaté. L’entretien demande un brossage régulier, au minimum deux à trois fois par semaine, pour éviter les nœuds et maintenir l’aération du sous-poil. Un spitz dont le pelage est négligé développe rapidement des problèmes cutanés sous les amas de poils morts.
Un point souvent ignoré : la couleur définitive de la robe ne se stabilise parfois qu’après la première mue adulte. Un chiot orange peut foncer ou s’éclaircir significativement entre six mois et deux ans.
Le loulou de Poméranie et le spitz allemand désignent donc le même chien au regard de la FCI, mais les lignées, la sélection et les standards nationaux ont créé deux profils visuels et comportementaux qu’on distingue facilement une fois qu’on sait quoi observer. Avant de choisir, regarder le pedigree, rencontrer les parents et vérifier les proportions du museau reste la méthode la plus fiable pour savoir exactement quel type de spitz on ramène chez soi.

